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Revue de presse: journal Métro

Corinne Fandard est devenue batelière il y a deux ans et demi.

Corinne Fandard est devenue batelière il y a deux ans et demi. Photo : Zoe Ducournau/Metro

Une nouvelle vie à la barre d’une péniche

Porté par une croissance de 9 % en 2010, le transport fluvial a besoin de sang neuf Des jeunes croient en son avenir et se reconvertissent en patrons de péniche

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Se former

Une attestation de capacité professionnelle (ACP) et un permis sont nécessaires. Une préparation de trois à quatre semaines est proposée avant de passer l’ACP. L’obtention du permis est subordonnée à l’acquisition d’une expérience de cent ou quatre-cents jours – selon les cas – de navigation.
Infos : www.fluvia.free.fr ou www.isni.eu

Ce petit bout de femme
de 31 ans, diplômée d’un bac + 2 transport international fluvial, a tout plaqué pour devenir patronne de péniche. Il y a deux ans et demi, Corinne lâche le volant de son ambulance et se retrouve seule à la barre d’une péniche de 38 mètres. Un choix de vie au fil de l’eau. “Il faut deux jours pour descendre de La Fère (Aisne) à Paris, quand les voitures mettent deux heures. J’aime cette lenteur, mais le boulot peut être speed”, sourit Corinne Fandard. Après le petit déjeuner, une inspection de la salle des machines et quelques manœuvres, elle va livrer 300 tonnes de gravier sur un quai d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Jusqu’à présent, la bonne santé du secteur donne raison à ceux qui ont misé sur le transport fluvial. Avec une hausse de 40 % du trafic fluvial depuis quinze ans en France, le secteur tire profit de ses atouts de choc : silencieux, quatre fois moins polluant que le camion, bon marché. “Mais pour rester compétitif, il faut assurer
la relève. D’ici à cinq ans, 300 entreprises artisanales pourraient s’arrêter si leurs patrons ne sont pas remplacés lors de leur départ à la retraite”, explique Joël Erbeke, administrateur à la Chambre nationale de la batellerie artisanale. Depuis quelques années, il voit débarquer dans la profession des “gens de l’extérieur” qui aspirent à un mode de vie original.

• Un métier prenant
Beaucoup de mariniers travaillent en couple. Cela permet à l’un de conduire le bateau tandis que l’autre s’occupe de la maintenance, de l’entretien. C’est le cas de Jimmy Blézot et de sa femme. S’il file sur la Seine, entre Rouen et la capitale, Jimmy, ancien mécanicien de 31 ans, ne connaît pas le “métro, boulot, dodo” : “Je suis tout de suite sur mon lieu de travail et il n’y a pas de routine. Un matin, j’ai une vue sur un parking, l’après-midi sur un champ avec des vaches.” Prix de la liberté : 1 300 € de salaire net pour sa femme et lui. Et le couple ne compte pas ses heures de travail. Car sur l’eau, un batelier est tour à tour technicien, gestionnaire et commerçant. “On est toujours sur le qui-vive jour et nuit, à déjouer les vents et les courants, à faire face aux avaries, reconnaît Corinne Fandard. Ce n’est pas un boulot pour les stressés et les impatients.”

encadré : Se former
Une attestation de capacité professionnelle (ACP) et un permis sont nécessaires. Une préparation de trois à quatre semaines est proposée avant de passer l’ACP. L’obtention du permis est subordonnée à l’acquisition d’une expérience de cent ou quatre-cents jours – selon les cas – de navigation.
Infos : www.fluvia.free.fr ou www.isni.eu

5 %

C’est la part du fluvial dans le transport de marchandises en France.Sources : Voies navigablesde France et Chambre nationale de la batellerie artisanale.

“Un batelier doit être polyvalent et adaptable”
Danielle Rouganne, déléguée générale d’Entreprendre pour le fluvial.

Quelles sont les aides pour devenir patron de péniche ?
En 2009 a été créée Fluvial Initiative, une plateforme d’aide à la création d’entreprise. Elle attribue des prêts jusqu’à 90 000 eu ros garantis par l’organisme public d’aide aux PME Oseo.
Des professionnels accompagnent et labellisent les projets, ce qui facilite l’accès aux banques. Un bateau d’occasion coûte entre 100 000 et 1,5 million d’euros. En deux ans et demi, 45 entrepri ses ont été financées et, jusqu’ici, aucune défaillance n’a été constatée.
Quelles sont les bonnes raisons de se lancer ?
La profession a besoin de sang neuf pour se renouveler et résister à la concurrence des géants belges et néerlandais. Le Grenelle de l’environnement(*) a par ailleurs créé une forte appétence pour la voie d’eau. Les grandes surfaces et les constructeurs automobiles affichent désormais publiquement leur engagement dans le fluvial. De notre côté, nous essayons de créer un contexte favorable. Aujourd’hui, les entrepreneurs trouvent leurs contrats par le bouche à oreille ou par le biais d’un courtier. Fin mars, ils pourront se connecter sur notre site pour se mettre en relation avec des clients.
Quelles sont les qualités qu’un batelier doit posséder ?
Il faut être polyvalent et adaptable. Le milieu de la batellerie est longtemps resté fermé sur lui-même car le métier se transmettait de père en fils. Les nouveaux venus doivent donc apprivoiser ses codes et écouter les gens du métier.
propos recueillis par N.A
* Selon la loi Grenelle 1 de 2009, la part du non routier et du non aérien doit passer de 14 à 25 % d’ici à 2022.

5 %
C’est la part du fluvial dans le transport de marchandises en France.
Sources : Voies navigablesde France et Chambre nationale de la batellerie

 

This Post Has 3 Comments

  1. FAURIE dit :

    ca me fait réver mais je n’ai pas de qualification dans ce domaine je l’espère pour d’autres que moi et puis j’ai 40 ans

  2. Decupper dit :

    J’ai voulue passer l’ ACP en2011 pas d’examen car il faut être 6 et nous étions 4 ds toute la France ,on me propose candidat libre mais il faut aussi être 6 sinon pas d’examen bravo vnf .Je pense que le transport routier est mieux organise

  3. Bonne naviguation à toi Corinne ,prend bien soin de toi jespère qu’il y quelqu’un pour te donner un coup main un ami de Gil etMatine du Kairos moi Robert (J’ai Dit) je suis propriétaire d’une goélette qui s’appel la MARIE-LOU je demeure au Québec Canada aurevoir

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